Des parents exemplaires

Des parents exemplaires - Michel-Ange Tiberi

Quand j’étais jeune, je me souviens que je jouais tellement dehors, que le soir venu, je m’endormais, soit sur le tapis du salon, soit sur le canapé. Mais à mon réveil, j’étais toujours dans mon lit. Quand j’ai grandi, il n’y a pas un seul moment où j’ai remarqué que mon père, ou ma mère, ne m’était pas très attentif. C’étaient des parents toujours très attentionnés. Et sans doute, pour ne pas me faire de la peine, ils ne se disputaient jamais devant moi. Et aujourd’hui, quand je demande à ma mère s’ils se sont déjà disputés, elle me dit que oui, mais jamais devant moi. Que c’était pour me protéger de tout type d’agression. Je pense donc que j’ai eu le meilleur des exemples, car je les ai eus, eux. Et en ce moment, avec mes enfants, j’essaie d’utiliser les mêmes techniques. Bref, durant mon enfance, j’avais des inquiétudes, comme tous les enfants, mais ma mère était toujours là. Elle me disputait quand je le méritais, elle m’aidait à faire mes devoirs, mais aussi, elle me faisait des câlins quand j’en avais besoin, ou quand j’étais triste. Mon père, lui, c’était un père cool, malgré qu’il pouvait aussi être sévère parfois, il m’a appris à monter à vélo, mais aussi à supporter la douleur quand je tombais. Il m’a aussi appris à le réparer tout seul, tout en m’apprenant à n’utiliser que les outils nécessaires. Donc, si je devais tondre la pelouse, je n’avais pas m’aventurer à jouer avec la scie. Tout était une question de principe chez lui. Et ça, je trouve que c’était une bonne éducation. Ensuite, quand j’étais à la fin de mon adolescence, j’ai fait la connaissance d’une fille, dont j’étais réellement amoureux. Cette fille, j’envisageais de faire ma vie avec elle. Mais après 2 ans de relation, elle m’a quitté. J’ai pleuré pendant toute une semaine, quand mon père m’a alors réveillé tôt un samedi matin, et m’a demandé de l’accompagner pour son traitement varices. Ce jour-là, j’étais encore noyé dans mon chagrin, mais il a fait tout pour me changer les idées. En arrivant dehors, il m’a montré le ciel. C’était nuageux. Il m’a alors dit, « penses-tu que, parce que le ciel est gris, cela veut dire que le soleil n’est pas là ? » J’ai alors répondu, « évidemment qu’il est là ! » S’en suivit une leçon de vie que je n’oublierai jamais. Bien sûr, en tant que gars, il m’a parlé de mon attitude, mais il m’a aussi fait la leçon. Comme quoi, derrière les nuages se cache le soleil. Et ça, c’est devenu ma devise. Aujourd’hui, j’ai deux enfants. Je fais de mon mieux pour être à l’écoute, comme mes parents l’ont fait. Mais je fais aussi tout mon possible pour qu’ils s’aiment entre eux et qu’ils soient solidaires.