Le danger des heures supplémentaires

Le danger des heures supplémentaires - Michel-Ange Tiberi

Une récente étude confirme officiellement que, plus un hôpital exige des heures supplémentaires à ces infirmières, plus il y a plus de décès. Rien de moins !  La cause à effet a été prouvée. C’est la première étude du genre fait en Amérique du Nord. La Presse en a parlé récemment, et les révélations sont troublantes. Certains cadres avouent, anonymement, que lorsqu’ils manquent de personnel, ils utilisent les heures supplémentaires obligatoires. Ils utilisent même parfois, les préposés aux bénéficiaires pour effectuer des tâches d’infirmière. C’est terriblement choquant que la sécurité des patients soit ainsi, mise de cause pour mauvaise gestion du personnel. Des infirmières, il y en a sur le marché. Certaines ont même de la difficulté à se trouver un emploi infirmiere permanent en sortant de l’école. Alors, pourquoi parle-t-on de pénurie ? C’est peut-être les hôpitaux qui ne désirent pas engager pour sauver des coûts, au détriment de la qualité des services.

Cette étude démontre que la fatigue des employées reliée aux nombreuses heures supplémentaires, affecte directement la qualité de leur travail. La capacité de détecter l’état de santé d’un patient qui dégénère diminue, car elles sont moins attentives aux détails qui pourraient sauver des vies. Il est bien qu’une étude démontre enfin, les conditions de travail difficiles et exigeantes des infirmières. Il faut réajuster le tire, sinon, plus personne ne voudra travailler dans les hôpitaux. Déjà, les statistiques démontrent qu’il y a beaucoup d’infirmières qui quittent ce milieu après seulement, 2 ou 3 ans. La rétention est difficile lorsque l’on n’offre aucune flexibilité, et qu’on oblige les heures supplémentaires. C’est difficile d’élever une famille dans ces conditions, alors les infirmières changent de branche. C’est vraiment dommage ! Il faudrait donc valoriser davantage cette profession, démontrer clairement leur apport au bon fonctionnement des hôpitaux, et de la qualité des services. Ce sont des professionnels de la santé elles aussi, elles méritent davantage de reconnaissance.

J’espère que ces conditions de travail difficiles et non-invitantes, n’empêcheront pas trop de jeunes femmes de se lancer dans cette branche, car nous en avons grandement besoin au Québec. Nous ne pouvons pas nous permettre de vivre une autre décennie de pénurie de personnel, comme il y a environ 8 ans. Ma nièce s’intéresse à cette profession, je l’encourage fortement à commencer ces études en soins infirmiers. Car ensuite, vous pouvez toujours continuer l’école, et vous spécialiser dans un champ précis, si jamais ça ne vous convient pas. Il y a beaucoup d’options.