Le monde du luxe

Le monde du luxe - Michel-Ange Tiberi

Les personnes fortunées disent que le luxe est un droit, et certainement, tout ce qui va avec : voitures de collection, maisons dans les plus beaux quartiers, vestiaires à faire pâlir d’envie n’importe quel top model, domestiques, opérations chirurgicales en tout genre, notamment les injections de botox, voyages fréquents dans les plus grands palaces, j’en passe et des meilleures. C’est vrai que le luxe est un monde à part. Je n’aurais jamais su quelles sont les valeurs prônées par ce monde, si je ne l’avais fréquenté le temps de quelques travaux dans la haute horlogerie notamment. C’est un monde à part, mais fascinant. On y apprend que la valeur d’une montre tient à ses complications. Les grandes marques rivalisent d’ingéniosité à ce sujet : fuseaux horaires, temps sur la lune, pleines lunes, etc. Un modèle qui m’avait particulièrement plu, était chez Breguet, la montre dite, « squelette ». C’est un modèle que l’on retrouve dans d’autres marques, et qui consiste à révéler le mécanisme de la montre par un jeu de transparences du boîtier. Extraordinaire. Une vraie James Bond. Ce dernier porte d’ailleurs toujours des montres de la marque Omega, qui est sponsor du film. À ma grande surprise Omega et Breguet font partie du même groupe : Swatch group, fondé par un visionnaire, il y a quelques décennies. Le groupe est devenu le leader mondial de l’horlogerie, suivi par les biens connus, Rolex, Van Cleef & Arpels, Montblanc, Dior, Chanel, Tiffany, etc. Mais Swatch est dédiée à l’horlogerie, contrairement à la plupart des autres marques de luxe, qui ont diversifié leurs activités. Il est marque néanmoins qui je trouve fait preuve d’une poésie hors-norme, c’est Van Cleef & Arpels. Leurs montres qui valent jusqu’à 150 000 dollars, sont à couper le souffle. J’aime particulièrement, celle nommée « le pont des amoureux ». L’heure se lit sur un pont qui rejoint 2 amoureux. Sur fond bleu, avec des étoiles en argent, elle est simplement extraordinaire. Quand je travaillais pour Swatch, je manipulais tous les jours des montres hors de prix. Cela fait drôle d’avoir près de 100 000 dollars entre les doigts. Il fallait les remonter tous les jours, car les montres de qualité se remontent ! Elles ne sont pas à pile, ce ne sont pas des mécaniques. Les connaisseurs se reconnaissent entre eux, en général, et partent assez rapidement dans leurs « délires » personnels. Il m’est arrivé de recevoir des clients qui, reçus comme des rois (café, macaron, champagne, etc) restaient des heures, pour finalement acheter 3 montres à 20 000 dollars chacune. Le pire, ce sont les Russes et les Chinois. Ces derniers rentrent à toute allure, et repartent vite, car ils savent ce qu’ils veulent et leur temps est minuté. Les Russes quant à eux, exigent ce qui est unique, car personne ne doit avoir la même qu’eux !