Passionnée pour la médecine

Passionnée pour la médecine - Michel-Ange Tiberi

Je suis marié à une femme médecin. Pour ma femme, la médecine, c'est plus que sa profession : c'est sa vie, sa passion. On peut dire qu'elle, la médecine et moi, nous sommes un ménage à trois, sans blague.

Pour que vous ayez une idée de la passion de ma femme pour la médecine, imaginez-vous qu'avant, elle a tout d'abord rejoint l'Armée, ensuite les Casques Bleus de l'ONU et elle est partie en mission dans l'ex-Yougoslavie, au Congo et au Moyen-Orient. C'est-à-dire, elle a même risqué sa vie pour sa passion, même si être médecin militaire n'est pas aussi risqué que d'être un soldat au front.

En fait, sa passion lui a coûté un mariage. Je veux dire, avec son premier mari, moi, je suis le deuxième. Le mariage n'a pas marché du fait qu'elle a passé plus de temps à l'étranger, dans les missions dont je viens de vous parler, qu'avec son mari.

De toute façon, je pense qu'en ce moment, elle est plus calme, qu'elle a appris quelque chose de son divorce et qu'elle ne veut pas répéter l'histoire. Plus de missions à l'étranger à présent. Elle travaille parfois à des heures indues ou pendant les weekends, mais c'est tout.

Moi, ce que je dois supporter à la maison, c'est de l'écouter tout le temps parler de ses anecdotes à l'hôpital, de ses collègues, de ses patients, de ses travaux d'investigation...

Justement, en ce moment, elle est en train de faire des recherches au sujet des varices. Je me suis bien familiarisé avec des termes comme les hémorroïdes, la thrombose, le prolapsus rectal, la dilatation des veines... Mais, s'il vous plaît, ne me demandez pas ce que tout cela signifie parce que, honnêtement, je n'y comprends rien du tout.

En tout cas, du fait qu'elle connaisse bien le sujet, elle insiste quant à la prévention, éviter le sédentarisme, être toujours en forme, ne pas fumer... Enfin, rien d'extraordinaire, ni plus ni moins que ce que l'on nous conseille de faire (ou de ne pas faire) tout le temps.

Pour terminer, je vais vous avouer le plus marrant de cette histoire. Pendant ma jeunesse, je détestais tellement aller voir le médecin que je disais que je ne pourrais jamais avoir un ami médecin (et encore moins, une femme médecin).

C'est la vie : elle nous surprend toujours, même si on dit qu'on ne fera jamais une telle chose...